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samedi 21 mars 2015

Méditations Philosophiques.



Et si on parlait philo, aujourd'hui ? Si on réfléchissait sur le monde, la vie, le sens de tout ça ? Après tout, qui ne s'est jamais posé des questions super poussées et compliquées, des questions parfois sans réponse sur un peu tout, et franchement n'importe quoi ? 

Ne prenez pas peur, la philo n'a jamais tué personne. Et puis, c'est beaucoup moins barbant et difficile qu'on le croit, de philosopher, c'est-à-dire de réfléchir, de s'interroger, de se construire une pensée personnelle. Et même si vous n'êtes pas en Terminale, et que vous n'avez donc pas eu le privilège de goûter les joies de la philo, je sais que vous pouvez le faire. Allez, voyons!

Vous devez sûrement vous demander pourquoi je viens vous embêter avec de la philo alors qu'il est l'heure de manger et que vous penser très fort à votre souper. Mais puisque l'appétit vient en mangeant.. la réflexion vient en philosophant ! Pas convaincu par mes jeux de mots .. ? Tant pis. 

Se questionner sur la vie et le monde, c'est vaste, me direz-vous ; et vous avez tout à fait raison. Mais aujourd'hui, parlons liberté, parlons sens de la vie, parlons tout simplement.




Hier, je déjeunais avec une de mes amies, et elle m'a demandé : pour toi, c'est quoi la liberté ? (Vous voyez, on y arrive à la philo). Je lui ai répondu qu'être libre pour moi, c'était choisir. Ça peut paraître obscur, et on peut aussi me rétorquer, que choisir c'est être privé de la liberté de ne pas choisir. Mais le fait de ne pas choisir peut aussi être considéré comme un choix...
Alors, pourquoi réduire la liberté au choix ? Parce que je considère que le fait de choisir signifie que nous avons plusieurs possibilités devant nous et donc que nous sommes libres devant celles-ci, que nous pouvons préférer manger des brocolis que du chocolat. Et j'estime que faire des choix me rend une personne libre ; celui qui ne choisit pas, me paraît rester prisonnier de son angoisse de choisir (voir la philosophie de Kierkegaard), alors que celui qui préfère une solution à une autre exerce sa pleine autonomie. 
L'idée de Descartes selon laquelle l'homme éduqué voit s'imposer devant lui de façon immédiate le choix est aussi intéressante : Descartes relie ainsi la liberté à l'éducation, et cela apparaît cohérent. En effet, l'homme possédant le savoir et la connaissance n'est-il pas plus libre que l'homme ignorant, puisqu'il a pleinement conscience des choix qu'il fait ? Dès lors, la culture serait un accès à la liberté. D'où l'importance que nous devons accorder au savoir.. 


En parlant du savoir, j'aime à déclarer qu'apprendre est une finalité en soi. Cette prise de position peut laisser perplexe, voire ne pas être comprise du tout. Elle signifie assez simplement que nous apprenons dans le but d'apprendre : apprendre possède donc une finalité interne, et non pas externe. L'apprentissage peut alors apparaître comme totalement dérisoire : si nous apprenons pour apprendre, ça ne fait plus sens, me diriez-vous. Et pourtant, je ne suis pas d'accord. 
Un exemple : déclarons que la persistance est une finalité en soi. Cela voudrait dire que nous persistons dans le seul but de persister. Or c'est là que nous atteignons l'incohérence : si nous persistons pour persister, nous risquons de tomber dans la sottise la plus brutale et de sombrer dans l'entêtement pur et l'étroitesse d'esprit. Persister ne peut donc pas être une finalité en soi : la persistance a besoin d'une cause externe - je veux rentrer dans l'école des Beaux-Arts, donc je vais persister -.
Mais apprendre ne nécessite pas forcément de but externe : apprendre est un enrichissement en soi, nous apporte de la culture et nous éclaire, nous permet de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.. Alors apprendre est une finalité en soi. J'apprends pour apprendre. 


J'avais aussi lu, que chez les orléanistes - représentants de la droite française sous la Monarchie de Juillet, de 1830 à 1848 -, la liberté et l'égalité étaient considérés comme antinomiques : la liberté et l'égalité étaient deux valeurs qui ne pouvaient pas s'accorder, elles étaient considérées comme fondamentalement différentes. C'est une idée que l'on retrouve aussi chez le philosophe Tocqueville, et qui paraît totalement farfelue en 2015, sachant que notre devise républicaine place ces deux concepts côte à côte...
Pourtant, cette pensée issue du libéralisme fait sens : en effet, Tocqueville explique que si dans une société démocratique le désir d'égalité est plus fort que celui de liberté, alors les êtres humains pourraient accepter un régime despotique, leur garantissant l'égalité. Cela serait le plus vérifiable chez les classes sociales les plus pauvres, désirant se "moyenniser" à tout prix. 
Cette analyse peut se retrouver dans la doctrine marxiste : une dictature du prolétariat doit être instaurée afin de briser les classes sociales et d'instaurer une société sans classes, et donc plus égalitaire. Néanmoins, une dictature est ce qu'elle est : une privation de libertés. Cela s'est transcrit dans la réalité par les régimes communistes en URSS, ou plus tard dans les démocraties populaires d'Allemagne de l'Est, de Pologne et tant d'autres. 
Si je comprends tout à fait le point de vue des orléanistes et de Tocqueville, l'égalité m'apparaît toutefois essentielle : elle permet aux êtres humains de ne pas sombrer dans des rapports de force et permet à chacun de nous d'accéder à des droits. En effet, comment les droits de l'homme, droits de la liberté, pourraient-ils s'appliquer sans le principe d'égalité ? Ils ne feraient plus sens. 
Ainsi, je considère l'égalité comme un chemin vers une liberté plus profonde : si nous sommes égaux du point de vue intellectuel par exemple, alors nous jouirons pleinement de notre autonomie. Bien sûr, il faut pour cela ne pas tomber dans l'extrême désir d'égalité tel l'expose Tocqueville. 


Autre réflexion : "Mon résultat était un échec, mais pas mon expérience". J'apprécie énormément cette phrase, qui permet de revaloriser la place de l'erreur ou de l'échec : effectivement, ces deux termes, par leur signification même, ont une connotation extrêmement négative. Ils sous-entendent que nous avons raté quelque chose, que nous n'avons pas réussi. 
La phrase citée précédemment met le doigt sur un point intéressant : le résultat d'une décision, d'un choix peut être un échec car j'aurais raté mon objectif, mais mon expérience ne sera pas un échec. Par exemple : je tente un concours très difficile, et je n'obtiens pas la place dans l'école voulue. On pourrait se focaliser sur notre déception, se dire que nous sommes vraiment nuls, que nous avons perdu notre temps.. Mais on pourrait aussi considérer que le fait de préparer ce concours nous a permis de gagner en autonomie, de repousser nos limites, de nous enrichir dans notre méthode de travail, d'acquérir une plus grande culture générale. 
Ainsi, l'expérience gagne un quotient positif. Et même l'échec du résultat peut se démarquer par son aspect éminemment fructueux : cela peut provoquer une remise en question bénéfique, permettant de tirer des leçons de certaines erreurs.
Cela permet d'éclairer ma position sur le choix évoquée précédemment : puisque je considère que toute expérience nous est profitable, faire un choix m'apparaît toujours meilleur que de ne rien faire ; même si je me trompe dans mon choix, j'aurais du moins essayé, j'aurais grandi, évolué, réfléchi. Alors que le non-choix représente une sorte de néant de l'âme, une passivité que je tiens en horreur...


"Vivre, c'est agir". C'est ma philosophie de vie. Ce qui explique pourquoi la passivité est mon ennemie. Je donne une grande valeur à l'action, ou à ce que Bergson appellerait l'homme d'action : c'est celui qui utilise ses connaissances, ses capacités intérieures et les réutilise dans l'instant présent. L'homme d'action, c'est aussi l'homme ordinaire pour Bergson. Alors, je suis bien contente d'être ordinaire. 
Agir cela signifie pour moi que nous prenons les choses en main et que nous essayons : essayer plutôt que de rester dans le non-choix, dans l'angoisse d'échouer.. Puisque l'expérience sera de toute façon positive. Vous voyez, ma philosophie de vie est cohérente. Je prends des décisions, donc j'agis. Par cette prise de choix, je me rends plus libre, et je m'enrichis. Et en cela, je vis. Et en vivant, j'agis. Belle circularité, n'est-ce pas ?
Mais Bergson pourrait sortir de sa tombe, épouvanté, et me dire que je rejette l'homme de contemplation : l'homme de contemplation est celui qui rêve, qui se promène dans le "cône de la mémoire" et n'utilise pas ses capacités dans l'instant présent. Lui, il n'agit pas, il observe, il imagine. Mais alors, si l'homme de contemplation contemple, n'est-il pas entrain de perdre sa liberté, puisqu'il n'agit pas ? Je ne le crois pas. 
Sartre pensait que l'imagination est une des plus grandes manifestations de notre liberté. Je suis d'accord avec lui : l'imagination est vaste, fertile, immense et nous permet donc de créer tout un tas de possibilités, elle nous permet d'explorer notre liberté et notre autonomie la plus totale. Et puis, imaginer, n'est-ce pas déjà agir ? Quand nous imaginons, nous envisageons des possibilités, nous osons, nous faisons des choix.. qui se concrétiseront ou pas dans le monde réel. Mais l'action, même mentale, est essentielle. Et est preuve de notre liberté.
Parce que si nous considérions que seule l'action externe est preuve de liberté, nous priverions bien des hommes de ce principe qui nous est si cher : en effet, combien d'êtres humains vivent encore actuellement dans des régimes autoritaires ou dictatoriaux les empêchant d'éprouver une liberté externe ? Dès lors, leur liberté interne devient essentielle. Par ailleurs, il me semble que le concept de liberté doit d'abord être ressenti au plus profond de l'être humain avant de pouvoir se concrétiser de facto. La liberté interne est donc première, et c'est d'elle donc découle la liberté externe.
J'opère alors une réconciliation entre l'homme de contemplation et l'homme d'action : tous deux utilisent pleinement leur liberté, mais de façon différente. Bergson ne me tombera pas dessus, Dieu merci. 


Tiens, parlons de Dieu. Et oui, même les sujets qui fâchent ne doivent pas être évincés. Sinon, de quoi parlerions-nous ? Même la couleur du ciel pourrait être sujet de débat. Par rapport à Dieu, sachez-le ou non, mais je suis athée. C'est ma croyance à moi, de ne croire en rien. 
Il y quelques mois, j'avais évoqué dans un article sur Noël le communautarisme et je l'avais imaginé comme une perspective possible.. Je reviens sur mes propos, étant donné que ma réflexion m'a mené sur d'autres chemins. Les attentats de Charlie Hebdo m'ont permis de me rendre compte de l'importance de la laïcité : que chacun croit à ce qu'il croit, mais que cela ne fasse pas parti du débat public. En effet, la laïcité est un concept qui fait entrer la religion dans le cadre purement privé ; et non public. La religion n'a donc plus sa place dans les affaires de l'état. Elle coexiste avec lui, mais elle n'agit pas directement sur lui.
Cette séparation de l'église et de l'état me paraît beaucoup plus saine : elle permet de ne pas imposer à notre société les dogmes qui sont ceux de la religion, et permet donc des avancées sociétales qui n'auraient pu être possibles sans cela. Par ailleurs, la religion d'un ne peut être imposée à tous : les athées n'étant pas croyants, les croyants doivent de respecter le fait qu'ils ne veulent pas se soumettre à des pratiques religieuses par lesquelles ils ne sentent pas concernées.
Et là, nous le sentons venir, tout droit sur nous : le blasphème. Je comprends que les croyants soient blessés lorsqu'ils voient une caricature du pape, de Mahomet, ou de leurs livres sacrés, ou d'eux-mêmes.. Mais je ne crois pas que la religion soit supérieure à d'autres convictions ou croyances ; elle relève du "sacré", certes, pour certaines personnes, mais pas pour toutes : et nous ne pouvons priver de droits une population sous prétexte qu'une partie de celle-ci se sentira offensée. Alors, rions de tout, caricaturons, et que grand bien nous en fasse : après tout, nous sommes libres.


Je tiens à finir mes méditations philosophiques (référence explicitement cartésienne) par la pensée de Nietzsche, tout en rebondissant sur le sujet religieux : dans son ouvrage Ainsi parlait Zarathoustra, ce même Zarathoustra annonce que Dieu est mort. Dieu est mort. Comme Dieu est mort, c'est un peu la panique : l'Homme va devoir créer de nouvelles valeurs, mais sans Dieu. C'est là le grand défi de l'Homme, s'il veut assurer sa survie. Et pour cela, il ne doit plus se faire homme mais surhomme : le surhomme sera celui qui aura réussi à créer de nouvelles valeurs malgré le décès de Dieu. 
Dès lors, la phrase que j'ai écrite précédemment se trouve invalidée "Ma croyance à moi, c'est de ne croire en rien" : c'est faux ; je dois inventer mes propres valeurs, distinctes de celle de la religion, y croire et les suivre. Dès lors, je survivrai. 
Je relève donc le défi d'être un surhomme ; et je ne veux être le dernier homme : le dernier homme est, pour Nietzsche, celui qui n'a plus du tout de valeurs, et ce à cause de la mort de Dieu. Et si, mes valeurs à moi étaient celles de la liberté, de l'égalité, de la fraternité ? Mais aussi de la laïcité, du respect, de l'ouverture d'esprit, de l'esprit critique, et de la réflexion ? A méditer.



PS : Promis, si je rate mes objectifs de vie, je deviendrais philosophe. 



Sylphide.

mercredi 25 février 2015

Doit-on réformer le sytème scolaire français ?

(NB : cet article est un travail scolaire, c'est pourquoi les tournures de phrases seront parfois un peu lourdes. Veuillez nous en excuser par avance. J'espère néanmoins que vous trouverez le sujet intéressant, la raison pour laquelle je souhaitais vous faire partager ce dossier. Comme toujours, il peut ouvrir sur d'autres interrogations ou réactions et c'en est bien le but. On attend votre opinion.)

Nous évoquons souvent le mot "débat" dans nos articles. Et ce n'est pas fini. Voici une question qui risquerait bien dans lancer un : 


Doit-on réformer le système scolaire français ?*


Introduction.

D'après de nombreuses statistiques (image ci-contre), notamment celles d'une l'institut international, l'Organisation de Coopération du Développement Économique (OCDE), les élèves français ont plutôt un bon niveau scolaire. Cependant leurs performances restent inférieures, de 1 à 4% (suivant le niveau d'études) à celles des élèves étudiant dans nos pays voisins.
Il est vrai que les systèmes scolaires sont différents d'un état à l'autre. Mais pouvons nous dire qu'ils sont la cause même des capacités acquises à la sortie de l'école par les enfants ? Doit-on remettre en question notre système éducatif pour viser un meilleur résultat, ou pour simplement donner plus envie aux élèves français d’aller à école ?

Pour répondre à la question* principale de cette article et apporter un solution à notre débat, nous traiterons la question du système scolaire en différentes thématiques, puisque ce dernier comprend plusieurs domaines tout autant spécifiques qu'importants. 
 

Nous débattrons d’abord sur la pédagogie employée, qui comprend par conséquent le lieu d'apprentissage, l'autonomie, la notation, les méthodes de travail, et la relation professeur à élève.

Puis nous aborderons l'organisation de ce système scolaire, en dissociant celle-ci en trois parties : l'organisation quotidienne, hebdomadaire et enfin annuelle.


Pour compléter notre argumentation, nous vous présenterons d’autres systèmes éducatifs pour les comparer au nôtre et y puiser de nouvelles idées. 
I – Doit-on réformer la pédagogie de notre système scolaire ?

A – Doit-on opérer à un changement concernant le lieu d'apprentissage ?

1 - Pour ou contre le travail, seul(e), à la maison ?

Des arguments favorables pour travailler à la maison.

- Lorsque l'on étudie chez soi, c'est essentiellement l'autonomie qui est approfondie. Il est donc important de garder cette part du travail à la maison pour développer cette compétence.
- De plus cela permet à chacun d'apprendre à son propre rythme. Aller à sa propre allure et travailler en un temps illimité permet de s'épanouir dans son travail et d'approfondir sans cesse ses connaissances.
- La maison est aussi un endroit différent du lycée, puisqu'il y a souvent moins de bruit parasite par rapport au cadre de la classe. Cela permet donc d'étudier à tête reposée et dans le calme. La concentration est de ce fait plus optimale.

Des arguments défavorables pour travailler à la maison.

- Travailler à la maison n'est pas forcément un cadre préférable au lycée, pour tous les élèves puisque les petits frères et sœurs font parfois plus de bruit que nos camarades de classe et que des conflits familiaux peuvent intervenir dans la concentration de l'élève à la maison.
- Les devoirs à la maison sont autant un enfer pour les enfants que pour les parents, parce que ces derniers n'ont jamais été formés pour enseigner. Un élève en difficulté qui n'a personne pour l'aider peut se froisser et bloquer sur un exercice qu'il va finalement abandonner. Il n'aura donc en rien progressé et la compétence d'autonomie n'aura pas été acquise puisque ce dernier n'aura pas fait l'effort de la remplir. Cela ne développe donc pas toujours l'autonomie. Cette capacité n'aura pas était renforcée si les parents sont aussi trop présent pour les devoirs de leur enfant. Effectivement, 53% des mères aident encore leur enfant lorsqu'ils sont au lycée (d'après la revue Le Monde de l’Éducation, N°357).

2 - Pour ou contre le travail en groupe, à l'école ?

Des arguments défavorables pour étudier en groupe à l'école.

- Au lycée, nous n'avons pas toujours le temps de finir le programme si le professeur ralentit son cours car la classe est en difficulté. Il y a donc un surplus de connaissances que chaque élève doit apprendre mais qu'il est difficile d'enseigner à un groupe entier : certains s'inscrivent aux cours par correspondance pour terminer le programme chargé et étudier les parties de ce dernier qu'ils n'ont pas eues le temps de voir avec leur professeur. Le travail proposé à l'école est donc très (voire trop) dense. C'est pourquoi il n'est pas forcément bien d'étudier en groupe.
- Le nombre d'élèves en classe ne permet pas au professeur de faire du cas par cas. Pour des élèves en grosse difficulté, l'école n'est parfois pas faite pour eux. La masse de travail qui leur y est proposé étant trop importante, les professeurs n'ont pas le temps de s'attarder sur leurs lacunes puisqu'ils se doivent de faire progresser la classe entière. C'est pourquoi beaucoup d'élèves prennent des cours privés ou à distance pour rattraper leur retard. Même si beaucoup d'entre eux font cette démarche pour des raisons diverses et variées, certains le font aussi car le système scolaire actuel ne leur est pas adapté.
- Par ailleurs, on est à l'école pour apprendre à travailler mais il est fortement conseillé de l'avoir fait avant ou ailleurs car l'école actuelle se concentre surtout sur le travail à faire plutôt que sur la méthode à appliquer. C'est donc pour cette raison encore une fois que des étudiants prennent des cours particuliers et qu'il n'est pas favorable de travailler dans un lycée.
 Des arguments favorables pour étudier à plusieurs à l'école.
 
- Malgré tous les défauts de notre système scolaire concernant le travail en groupe, il est évident qu'il est important de travailler à plusieurs pour confronter nos idées. Étudier dans le cadre de l'école et donc de la classe permet aussi d'apprendre à vivre en communauté et par conséquent avec les différences des uns et des autres. Cela permet d'un autre côté de confronter les points de vue et d'enrichir ainsi sa réflexion (C'est d'ailleurs bien à cela que nous sert la seule heure d’Éducation Civique Juridique et Sociale que nous avons). On peut souligner que les élèves qui étudient par le Centre National d’Éducation à Distance (CNED) relèvent un manque de contact direct avec les autres étudiants.
- Se rassembler pour travailler à plusieurs est une source de motivation. Effectivement étudier dans une école, qui est un établissement prévu pour apprendre, est plus motivant pour la majorité des enfants plutôt que de travailler seul(e), chez soi qui est plus représentatif d'un endroit où l'on se détend et non où l'on doit se mettre à l'exercice.

En effet il est important de pouvoir travailler dans un espace agréable où l'on se sent à l'aise. Dans ce cas-là cela dépend de chaque élève : préfère-il étudier dans notre lycée Louis Feuillade où la verdure dense permet une inspiration et une sérénité plus grandes ou chez lui, dans un cadre plus familier ?

B – Doit-on opérer à un changement concernant l'autonomie de l'élève ?


1 - Pour ou contre une plus grande autonomie de l'élève ?

Des arguments favorables à une plus grande autonomie.

- Lorsque l'élève fournit un travail autonome et individuel quotidiennement, il prendra certainement des choix plus facilement ; par exemple, pour son orientation entre 17 et 18 ans. Quand les étudiants travaillent en groupe, ils savent qu'ils peuvent compter les uns sur les autres. Alors que lorsque l'élève se retrouve seul, il doit prendre toutes les décisions lui-même, et a de ce fait plus de difficultés à fournir un travail complet s'il n'est pas habituer à travailler en autonomie. Par conséquent plus tôt l'élève aura appris à être indépendant dans son travail, plus vite il acquerra une maturité, notamment pour les cours magistraux qu'il faut prendre personnellement.

Des arguments défavorables à une plus grande autonomie.
 
- Lorsque le travail individuel est favorisé, de nombreux élèves ne font pas le devoir demandé par fainéantise ou parce qu'ils sont découragés. Les encadrer davantage et restreindre l'autonomie permettrait peut-être de les garder dans le droit chemin ou d'aider ceux en difficulté qui n'osent pas demander de l'aide.

Choisir d'être autonome est une liberté que nous pourrions laisser prendre à chaque élève est cela lui permettrait d'avoir le droit de choisir. Par ce choix, l'enfant développerait déjà individuellement, une grande part de réflexion sur l'importance de son indépendance et serait ainsi plus autonome. Mais est-ce une bonne idée de laisser ce choix à l'élève, si celui-ci choisit de rester (trop) dépendant ?

C – Doit-on opérer à un changement concernant le système de notation ?

1 - Pour ou contre notre système de notation ?

Des arguments favorables à notre système de notation.
 
- Le premier avantage de la notation est le lien qu'elle établie entre les professeurs et les parents, puisque elle permet à ces derniers de se tenir au courant de la progression de leur enfant. Le responsable légal de l'élève peut en outre et grâce aux notes, se tenir au courant des difficultés de son enfant, et ainsi l'aider dans sa scolarité. Il peut de plus connaître le comportement de sa progéniture et l'aider à corriger celui-ci, si besoin, puisqu'une note de comportement est attribuée dans la majorité des cours.
- Puisque les notes permettent d'évaluer l'attitude en classe des élèves, ces derniers peuvent eux-mêmes se faire une idée du comportement qu'ils tiennent en communauté et l'améliorer à leurs guises. Les notes ne prennent donc pas seulement en compte le Quotient Intellectuel (QI) de l'élève (qui ne peut-être changé scientifiquement parlant) mais elles englobent aussi l'attitude de l'étudiant et donne de la sorte une chance à celui-ci de la changer et d'évoluer dans le sens positif du terme.
- L'évaluation dont le résultat est donné en échelon, permet de se faire une idée de la marge de progression qu'il nous reste à atteindre. Il est préférable d'avoir une large palette de chiffres (au moins jusqu'à 20) plutôt que trop restreinte comme dans divers pays germaniques et anglophones, où la notation se fait sur 6 seulement. De cette façon on peut connaître l'amélioration précise qui nous est demandée. Au Japon, la notation se fait même sur 100. Cela encourage les élèves à toujours mieux faire, pour viser l’excellence et chercher continuellement à s’améliorer.
- Enfin le classement des élèves dans une classe prépare à la société actuelle dans laquelle la compétitivité semble tout diriger. Effectivement on la retrouve principalement dans la carrière professionnelle, puisque cela commence dès l'embauche pendant laquelle il faut être meilleur que les autres candidats au poste. Elle se perpétue ensuite dans la hiérarchie. La notation permet alors aux élèves de s'habituer à cette ambiance perpétuelle de compétition.

Des arguments défavorables à notre système de notation.

- Bien que cela fasse prendre une habitude aux futurs adultes pour se préparer à vivre en communauté, c'est bien ce que l'on reproche à la notation : la concurrence qu'elle instaure dans la classe. D'après de nombreux psychologues, l'idée de comparer les élèves aux uns et aux autres n'aide pas à s'améliorer. La classe se pilote plus souvent aux résultats qu'au processus. Cela ne lui permet pas en conséquence de progresser. En finir avec les notes permettrait aux élèves de se concentrer sur les progrès qu'ils ont à faire et la méthode qu'ils doivent appliquer.
- La note, dont nous nous souvenons davantage que des appréciations qui nous ont sans doute mieux aidé à progresser, et dont nous nous souvenons même davantage que ce que nous avions appris sur les bancs de l’école, créée un traumatisme chez certains enfants. C'est pourquoi de nombreux élèves perdent confiance en eux. Les notes découragent effectivement les étudiants. Ces chiffres le montrent bien : A l'école, 43% des élèves ont souvent mal au ventre avant d'aller en classe, 24% ont le sentiment que le maître les dévalorise et les sanctionne, 31% pensent qu'il ne s'intéresse pas à eux, et un enfant sur deux pense qu'il ne va pas arriver à faire ce que le maître lui demande, et craint de montrer ses notes à ses parents.
Comme nous l'avons vu, notre système de notation est assez complexe et les arguments favorables ou défavorables sont diverses et variés. L'approbation de cette méthode dépend du but que nous voulons donner à l'éducation de notre enfant et des valeurs que nous voulons lui enseigner. Dans d'autres pays où les institutions sont différentes, l'éducation l'est aussi. Aux États-Unis par exemple, il n'y a pas de coefficient sur l’examen final, autrement dit un personne qui aura choisi la filière sportive vaudra celle qui aura choisi littérature ou mathématiques. En Russie aussi il n'y a pas de coefficient à l'épreuve finale. Enfin dans les pays scandinaves, particulièrement en Finlande, où le système scolaire est considéré comme le meilleur au monde par l'enquête internationale PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves) en 2003, il n'y a pas de notes jusqu'à la sixième, et 90% des élèves réussissent le Bac. C'est en système égalitaire et efficace, parce que l'éducation est gratuite (la cantine, les bus scolaires, les livres) et sûrement d'ailleurs car il n'y a pas de concurrence au sein de la classe. Alors pourquoi ne pas s'inspirer des autres systèmes éducatifs dans le monde ?

D – Doit-on opérer à un changement concernant les méthodes de travail employées ?

1 - Pour ou contre une nouvelle méthode de travail dans le programme scolaire ?

Des arguments favorables à une nouvelle méthode.
 
- Pour prendre quelques exemples, un travail plus ludique permettrait aux élèves de mieux mémoriser les connaissances, qui sont en surnombres de nos jours puisque le progrès de la science comme le déroulement de l'Histoire évoluent incessamment.
- La présentation en classe d'exposés ou de débat apporterait une interaction entre les élèves et leur permettrait de ce fait, de faire évoluer leur réflexion. De la même façon, exposer le programme de l'année sous forme de problématiques renforcerait l'esprit critique des élèves qui chercheraient des solutions à ce problème. En confrontant les points de vue, ils affineraient ainsi leur ouverture au monde et pourraient de la sorte avoir une vision de celui-ci plus objective. En outre, une nouvelle façon de travailler est apparue récemment grâce à l'intense mondialisation d'aujourd'hui : certains professeurs organisent des correspondances avec d'autres pays étrangers. Le principe est simple, les enfants d'un même lycée envoient des lettres à ceux d'une autre école située à l'étranger. Les enseignants peuvent aussi maintenant organiser des ''rendez-vous webcam'' entre deux pays, pour les cours de langues par exemple. Cela permet aux élèves d'acquérir un meilleur niveau en linguistique et c'est un moteur de motivation qui fonctionne parfaitement : les élèves, intéressés de découvrir une nouvelle culture, sont plus impliquer.
- Par ailleurs organiser plus de sorties durant l'année (visite de musés, d'expositions, sortie au cinéma ou à des représentations théâtrales, les voyages) permettrait d'accroître la culture des enfants qui est parfois peut développée dans certaines familles. Par conséquent les élèves seraient sur le même pied d'égalité.

Des arguments favorables à une nos méthodes actuelles.

- Un travail plus ludique pourrait entraîner de la mauvaise discipline en classe, et les élèves ne prendraient pas au sérieux les travaux demandés.
- L'exposé demande un travail considérable en amont chez soi, ce que les étudiants n'ont pas toujours le temps de faire. De plus la présentation de celui-ci demande de la part des élèves une extrême attention et un respect de ceux qui présentent, pour en tirer une leçon organisée.
- Des cours magistraux permettent aux élèves d'avoir une leçon précise, concise, et organisée.

2 - Pour ou contre la non-obligation de l'école ?

Des arguments favorables à la non-obligation de l'école.

- Les élèves se rendraient compte de la chance qu'ils ont d'être éduqué et d'étudier les connaissances concernant le monde qui les entoure.
- On peut supposer qu'il y aurait de meilleurs résultats puisque les enfants ne verraient pas l'école comme une punition (ou pire une corvée). Ils seraient volontaires pour aller à l'école et par conséquent plus motivé qu'ils ne le sont de nos jours.
 
Des arguments défavorables à la non-obligation de l'école.

- La non-obligation de l'école pourrait entraîner de graves conséquences : beaucoup d'adolescents, habitués et écœurés par l'école, ne viendraient plus en cours s'ils avaient le choix. Ils se retrouveraient sans diplôme et donc indisposés à postuler pour un emploi.

3 - Pour ou contre les filières spécifiques ?

Des arguments favorables aux filières spécifiques.

- En France, on choisit de faire un bac spécifique avec des matières obligatoires. En Amérique, les élèves choisissent leurs matières qu'ils préfèrent afin de remplir leur emploie du temps. Un élève français peut choisir un BAC L parce qu'il est meilleur en français qu'en mathématique. Malheureusement, il se peut qu'il ne soit pas bon en langue, et il aura donc moins de chance d'obtenir son BAC. Les américains fonctionnent autrement, ils peuvent choisir leurs propres matières sans filière spécifique. Exemple : sport, biologie, littérature, économie.
 
Des arguments défavorables aux filières spécifiques.

Les filières ont été conçues pour des ''types'' d'élèves. Un littéraire se tournera forcément plus vers les langues que vers les sciences. Les filières ont été étudiées pour coller le plus aux caractères des élèves. De plus, les matières collent aux domaines qui seront utiles aux éléves dans leur post-bac et leur vie professionnelle. Par exemple, un bac L qui voudra faire de la communication aura besoin de pratiquer l'anglais.
 
E – Doit-on on opérer un changement concernant les relations professeur à élève ?

1 - Pour une relation stricte ?

Des arguments favorables à une relation stricte.

- Si un professeur pose une distance entre ses élèves et lui c'est tout d'abord pour pouvoir rester dans son rôle d'enseignant et pour rappeler aux étudiants qu'il ne doit y avoir aucun autre rôle que celui-ci dans leur relation. Parallèlement, un professeur stricte fait de cette manière comprendre aux élèves qu'ils sont en classe pour apprendre et travailler et non pour bavarder. Cela resitue donc le rôle de chacun dans la classe.
- Poser un ''cadre', autrement dit garder une barrière dans la relation, permet aussi d'accompagner les élèves de manière objective.
- Enfin si le professeur sait être exigeant, il saura se faire respecter et sa rigidité permettra l’assiduité des élèves dans le travail.

2 - Pour une relation ouverte / amicale ?


Des arguments favorables à une relation ouverte.

- Les adolescents entrent dans une période de refus de l'autorité. Les professeurs strictes, se plaçant comme autorité suprême, à l'instar des parents et des forces de l'ordre, tentent l'élève à aller à l'encontre des règles (« Interdire, c'est inciter »). C'est pourquoi un peu de laxisme met les élèves plus à l'aise, cela déstresse ceux qui pourraient voir l'école comme un objectif important, trop exigeant à atteindre.
- Avoir des relations plus ouvertes entre professeur et élèves permettrait de travailler dans la bonne humeur. Par conséquent tout le monde serait plus apte et motivé à étudier.
- Les professeurs les plus ''amicaux'' ont souvent été les plus respectés. Les élèves pourraient penser qu'ils semblent par ailleurs plus ouverts pour une prise en charge des élèves, et donc accessibles pour poser des questions. De plus cela n'empêcherait pas à la notion de respect d'exister, si toute la classe appréciait son professeur, puisque lorsqu'on estime une personne on ne la dénigre pas.
- Pour enseigner, il faut savoir écouter. Mais il ne faut pas s'arrêter à seulement écouter. Il faut savoir où les élèves en sont afin de les accompagner à transformer leur savoir. Le maître doit de la sorte être attentif à chaque élève pour l'aider à avance, et c'est pour cette raison qu'il faut entretenir une relation individuelle avec chacun d'entre eux. Par exemple en Finlande, les élèves qui ont des difficultés d'apprentissage peuvent aussi bénéficier de l'aide d'un professeur spécialisé. En Russie, chaque élève se voit attribuer un professeur principal au début de sa scolarité. Ce professeur devient une sorte de ''parrain'' pour l’élève.
Pour enseigner correctement, il faut trouver le juste milieu entre rigidité, respect et accompagnement individuel de l'enfant. Il ne faut pas être trop exigent afin de rester un minimum ouvert aux questionnements et demandes de l'enfant. En contre partie il faut garder une distance avec les étudiants car si la relation tombe dans l'amitié cela pourrait avoir des conséquences considérables. Ce que l'on retiendra de plus important dans cette relation, c'est bien la notion de respect qui doit être appliquée dans tous les cas. La sévérité utilisée pour faire comprendre à l'élève qu'il doit travailler provoque parfois l'effet inverse. Faut-il alors que l'on fasse un rapprochement entre le métier de l'enseignement et celui de l'animation ?


Pour réformer notre système scolaire, nous avons opposé différents arguments répartis en plusieurs catégories de la pédagogie. De ce fait, nous avons trouvé quelques réponses à nos questionnements et plus de solutions à nos problèmes. Pour améliorer davantage notre système éducatif, nous verrons dans un prochain article, l'organisation du temps de travail de notre système scolaire, qui sera remise en question.